INTERVIEW : CORINNE JAPIN ET LAURENCE ANGELIS – INITIATRICES DU RENDEZ-VOUS CINÉMA « CONTROVERSE »

CORINNE JAPIN ET LAURENCE ANGELIS, MÉDIATHÉCAIRES À REIMS

1) La “Séance controverse” est un rendez-vous régulier porté par les médiathèques Jean Falala et Croix-Rouge. Quel était l’enjeu, au départ, de créer ce format et de l’inscrire dans la durée ? 

Tout d’abord, c’était une demande de notre direction de créer un rendez-vous cinéma pour les adolescents et les jeunes adultes commun aux deux médiathèques de la ville.  Nous avons mis en place ces séances, avec ma collègue ,  nous partagions le même engouement pour les collections DoAdo noir du Rouergue ou Xprim de Sarbacane, dont les auteurs phares Guillaume Guéraud et Axl Cendres, provoquaient la controverse chez certains adultes, pour leur romans « coup de poing », leurs univers sombres ou déjantés proposés aux ados mais qui leur parlaient directement et que l’on aurait aimé nous découvrir à leur âge.

Nous avions envie de proposer un pendant cinématographique à ces collections car de nombreux films interdits aux moins de 12 ans pourtant adaptés et susceptibles de leur plaire étaient classés en section adulte, ce qui limitait leur accès pour les adolescents.  Faire découvrir ces films aux plus de 15 ans dans un cadre approprié  et accompagné d’un temps d’échange et d’éducation à l’image était notre objectif.

2) Qu’est-ce que ce rendez-vous permet, selon vous, de travailler spécifiquement avec les publics (scolaires ou adultes) autour des images, du débat et de l’esprit critique ?

La « pédagogie » de notre ciné-club se positionne, hormis la découverte de films et de réalisateurs, sur l’éducation à l’image, sur le fait de questionner la notion d’auteur, ses partis pris, sa construction narrative, le langage cinématographique. L’échange porte aussi bien sûr sur le scénario, surtout que les films choisis viennent parfois chahuter, heurter des idées, des opinions que l’on peut avoir, par des films choisis percutants aux sujets parfois brûlants, forts, sensibles mais qui amènent justement à l’esprit critique. Les films choisis provoquent souvent des débats.

Nous partons du principe que l’on a tous des films qui nous ont profondément marqués et qui ont eu une influence sur l’adulte que l’on est aujourd’hui, soit esthétiquement, soit parce qu’ils ont provoqué un effet miroir, soit parce qu’ils nous ont amené à voir différemment le monde et c’est cette rencontre entre eux et les films que l’on essaie de créer

3) Concernant la séance de décembre à Falala, qu’est-ce qui vous a marquée dans la réception ou les échanges avec les participant.e.s ?

Pour recontextualiser, cette séance scolaire de décembre nous permet grâce au partenariat avec le Blackmaria et la région Grand Est de faire connaitre notre rendez-vous aux adolescents et de leur présenter la programmation 2026, tout en leur faisant découvrir 2 courts métrages soutenus par la région donnant le ton de la saison, en recevant et en proposant un échange avec pour cette fois le réalisateur Archibald Martin de Naissance d’un feu, et l’acteur Alexandre Auvergne de Mukbanger. Personnellement nous avons déjà été ravie que les deux films leur aient plu et qu’ils aient autant de questions à poser à nos invités qui eux en retour ont fait preuve d’une grande générosité, c’était une vraie rencontre dans les deux sens. Même si nous l’espèrons en programmant, nous étions plus que ravie d’observer leur enthousiasme et leur curiosité aussi bien sur la forme que sur le fond et lorsqu’ ils ont applaudi la présentation de la programmation , au delà de la surprise ,  cela nous a fait  forcément plaisir, nous espérons maintenant les voir aux séances !

Et au-delà de l’enthousiasme et de la bienveillance qui se dégageait de cette séance, ce moment n’a fait que nous convaincre qu’il ne fallait pas être trop frileux dans ce qu’on leur propose mais de l’accompagner bien évidemment.

4) Quel est le programme pour cette année 2026 ?

Avec nos quatre intervenants Claude Bégué, Virginie Bénévent, Grégoire Poupet et Alexandre Liébart nous avons choisi : How to have sex , Bullhead , Diamant Brut et les garçons sauvages qui questionnent le rapport aux corps des jeunes personnes, que ce soit dans l’intimité, les limites que l’on s’octroie mais aussi aux violences que l’on peut lui infliger, c’est pourquoi notre cycle se nomme « Hard-corps ».

Vous trouverez le teaser et la programmation détaillée ici sur la page dédie sur le site de la bibliothèque municipale.

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RENCONTRE AVEC MICHEL HAZANAVICIUS

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Après Strasbourg et Nancy, Le Blackmaria a accueilli, cette semaine, le réalisateur Michel Hazanavicius à Reims, dans le cadre du dispositif Lycéens et Apprentis au Cinéma et organisé avec Le Récit et Le Cravlor. Une rencontre exceptionnelle autour de son parcours et de son dernier film « La plus précieuse des marchandises ». Un temps d’échange riche et privilégié entre enseignants et partenaires du réseau.

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