Le Blackmaria organise une journée professionnelle dédiée à l’éducation aux images, réunissant artistes, intervenant·es et structures du territoire, le mercredi 3 juin, de 8h30 à 16h30, à l’hotel de région de Chalons-en-Champagne.
⭐ Grand témoin : la réalisatrice Sarah Arnold, qui animera une master-class autour de son travail et de son processus de création.
Tout au long de la journée, plusieurs professionnel·les partageront leurs pratiques et proposeront des ateliers :
🎞️ Léa Haouzi, réalisatrice — initiation au film en stop motion 🤖 Guillaume Lepoix, artiste plasticien — animation de dessins avec l’intelligence artificielle 🪄 Geoffroy Ferté, artiste numérique — découverte de la réalité augmentée 🎧 Matteo de Mattia, ingénieur du son — création de bruitages de films avec la Malle Bruitage 💥 Nicolas Fournelle, créateur d’effets spéciaux — fabrication d’effets spéciaux au cinéma
Des retours d’expériences seront également présentés par Raphaël Medard, la MJC de Chaumont, l’ACCP, ainsi que par le lycée agricole de Saint-Laurent, dont les travaux en réalité augmentée seront exposés toute la journée.
Marina Phomdasith, animatrice Les Petits Débrouillards
1) Peux-tu décrire l’atelier « Il paraît que… » et qu’est-ce qui surprend le plus les jeunes quand ils commencent à enquêter sur les infox ?
L’atelier « Il paraît que… » sensibilise les jeunes aux infox en leur apprenant à enquêter sur d scientifique, le public se questionne sur le sujet, émet des hypothèses, ça permet d’instaurer des échanges entre participants. Ce qui les surprend souvent, c’est à quel point les fausses informations se diffusent facilement, souvent en jouant sur les émotions et la manipulation des faits et les titres.es contenus médiatiques en utilisant la démarche.
2) Selon toi, pourquoi est-il devenu indispensable de travailler le décryptage des images et des fake news dès le collège et le lycée ?
Le décryptage des images et des fake news est essentiel en collège et lycée. Il développe l’esprit critique et permet aux élèves d’analyser les informations qu’ils rencontrent. En appliquant une démarche scientifique, ils apprennent à vérifier les sources, ce qui est crucial pour devenir des citoyens éclairés.
3) Après un atelier comme celui-ci, quel petit déclic aimerais-tu que les participants gardent en tête face aux images et aux infos qu’ils croisent au quotidien ?
Après l’atelier, j’aimerais que les participants retiennent l’importance de vérifier systématiquement les informations et les images qu’ils voient. Cette vigilance les aidera à éviter les manipulations et à renforcer leur esprit critique face aux infox.
Marina Phomdasith, animatrice Les Petis Débrouillards
1) Peux-tu décrire l’atelier « Il paraît que… » et qu’est-ce qui surprend le plus les jeunes quand ils commencent à enquêter sur les infox ?
L’atelier « Il paraît que… » sensibilise les jeunes aux infox en leur apprenant à enquêter sur d scientifique, le public se questionne sur le sujet, émet des hypothèses, ça permet d’instaurer des échanges entre participants. Ce qui les surprend souvent, c’est à quel point les fausses informations se diffusent facilement, souvent en jouant sur les émotions et la manipulation des faits et les titres.es contenus médiatiques en utilisant la démarche.
2) Selon toi, pourquoi est-il devenu indispensable de travailler le décryptage des images et des fake news dès le collège et le lycée ?
Le décryptage des images et des fake news est essentiel en collège et lycée. Il développe l’esprit critique et permet aux élèves d’analyser les informations qu’ils rencontrent. En appliquant une démarche scientifique, ils apprennent à vérifier les sources, ce qui est crucial pour devenir des citoyens éclairés.
3) Après un atelier comme celui-ci, quel petit déclic aimerais-tu que les participants gardent en tête face aux images et aux infos qu’ils croisent au quotidien ?
Après l’atelier, j’aimerais que les participants retiennent l’importance de vérifier systématiquement les informations et les images qu’ils voient. Cette vigilance les aidera à éviter les manipulations et à renforcer leur esprit critique face aux infox.
Rencontre nationale des pôles régionaux d’éducation aux images
16 et 17 mars 2026 à Rouen
Dans un contexte où la place des images dans nos sociétés interroge autant qu’elle influence, la prochaine rencontre nationale des Pôles régionaux d’éducation aux images se tiendra à Rouen les 16 et 17 mars 2026 (cinéma L’Omnia et Halle aux toiles). Organisées par Normandie Images et l’association des pôles régionaux d’éducation aux images, en partenariat avec le CNC et la Ville de Rouen, ces journées s’inscrivent dans une dynamique nationale renforcée par les récentes annonces des Ministères de la Culture et de l’Éducation nationale en faveur de l’éducation aux images.
Pourquoi cette rencontre est-elle essentielle aujourd’hui ?
Parce que l’éducation au cinéma et aux images n’est pas seulement un enjeu culturel : elle est au cœur des débats sur la citoyenneté, la liberté de création, la lutte contre les dérives informationnelles et la formation du regard critique. Les pôles régionaux, par leurs actions de terrain, contribuent à une politique publique qui vise à garantir l’accès de tous à une culture cinématographique exigeante et à développer une capacité d’analyse face à la profusion des contenus numériques.
Une thématique centrale guidera les échanges :
La relation au temps qu’entretient aujourd’hui le spectateur face aux images. Dans un monde saturé de vidéos courtes et de flux instantanés, comment préserver l’expérience du cinéma en salle comme espace de concentration et de réflexion ? Quels leviers pour que l’éducation artistique et culturelle reste un outil de cohésion sociale et de construction démocratique ?
AU PROGRAMME
LUNDI 16 MARS
MATIN – CINÉMA OMNIA
9:00 Accueil café
9:30 Ouverture de la rencontre nationale des Pôles régionaux d’éducation aux images En présence de représentants du CNC, de la Région Normandie, de la DRAC Normandie, de l’Académie de Normandie, de la Ville de Rouen et de Normandie Images. Présentation de la matinée par Cécile Jodlowski-Perra, Directrice de Normandie Images.
10:00 – 13:00Une nouvelle donne pour l’éducation aux images
10:00 – 10:30 Panorama des pôles régionaux d’éducation aux images en France par David Simon, responsable Éducation à Ciclic, et Jean-Marie Vinclair, responsable Éducation aux Images à Normandie Images.
10:30 – 13:00 Table-ronde « La nécessité d’une stratégie nationale d’éducation aux images articulée avec les territoires »
Avec : ⁃ Sophie Zeller et Daphné Bruneau, Direction des Politiques territoriales du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) ; – Emmanuel Ethis, Délégué interministériel à l’éducation artistique et culturelle ; ⁃ Catherine Morin Desailly, Présidente de la Commission Culture et Patrimoine de la Région Normandie et Sénatrice ; – Aurélie Delage, Exploitante du cinéma Lumière à Vierzon et Présidente de la Commission Éducation aux images à la Fédération nationale des Cinémas français (FNCF) ; – Philippe Germain, Directeur de Ciclic et porte parole de l’association des pôles régionaux d’éducation aux images ; – Olivier Meneux, Coordinateur général de la Fédération de l’Action Culturelle Cinématographique (FACC) ; – Delphine Lizot, Déléguée générale de l’Archipel des Lucioles
Modération : William Benedetto, Directeur du cinéma L’Alhambra à Marseille Échanges avec la salle
13:00 Repas à la Halle aux toiles
APRÈS-MIDI – HALLE AUX TOILES
14:00 – 15:30 Table ronde « Le temps des regards »Avec : – Axelle Desaint , Directrice d’Internet sans crainte et membre de la Commission nationale Écrans, à la recherche du temps perdu ; – Jean-Fabrice Janaudy, Gérant de la société de distribution Les Acacias et exploitant du cinéma Le Vincennes ; – Mélanie Boissonneau, Enseignante-chercheuse en cinéma et audiovisuel à l’Université de La Sorbonne-NouvelleModération : Jean-Marie Vinclair, Responsable Éducation aux Images Normandie Images Liens utiles : Internet sans crainte, Commission nationale, « Ecrans, à la recherche du temps perdu »« Et si on levait les yeux ? », un film documentaire de Gilles Vernet.
15:30 Pause
15:45 Ateliers « Le spectateur dans tous ses états »Avec : – Benjamin Cocquenet, Intervenant cinéma : le « Live creativ mash-up » – Lazare Garnier, Chargé d’animation au cinéma Lux, et Coraline Chapuis, Chargée de communication au cinéma Café des Images : émissions de radio d’après séances et sessions podcast – Robin Deriaud, Yanna Javaudin, Hugo Coëssin, Matière Sensible : Comment les outils du jeu vidéo transforment la fabrication audiovisuelle — une démonstration live et participative NB : une table Mash Up est également mise à disposition (jeu contemporain et jeu mémoire)
17:30 Pot convivial normand
Dîner libre
MARDI 17 MARS
MATIN – HALLE AUX TOILES
9:00 Accueil café
9:30 Table ronde « Le temps du partage : les dispositifs en faveur des jeunes adultes »
Avec : – Juliette Vargas, Chargée de développement des opérations d’éducation aux images au CNC – Valérie Mocydlarz, Responsable du Pôle régional d’éducation aux images Les Yeux verts à Brive et membre du comité de rédaction du Fil des images – Salim Hamzaoui, Réalisateur et initiateur des « BFF du ciné » – Baptiste Marchand, Coordinateur national Unis-Cité « cinéma & citoyenneté » – Anne Ouvrard, Adjointe au délégué général de l’AFCAE, Coordination nationale des Jeunes Ambassadeurs du Cinéma
Modération : Tom Allaire, Jeune ambassadeur du cinéma, étudiant à l’INSPE Normandie, et Romane Péronne, Chargée de projets à Normandie Images
Avec : – Salim Hamzaoui, Réalisateur, rencontre autour des « BFF du ciné » – Association Nouvel Œil : atelier « regards » avec Tom Allaire, Yan-Michel Valin et Pierre-Olivier Sanchez – Festival du Grain : Rencontre avec William Tasse, Lucas Ripouteau, Emilie Podevin et Sarah Deyrem, jeune programmatrice. Découverte de la démarche du festival, entièrement programmé par des jeunes de Gonfreville L’Orcher.
Avec : – Manon Guérin, Déléguée générale du Festival Plein la bobine – Sébastien Duclocher, Délégué général du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand et coordinateur du Pôle régional d’éducation aux images – Camille Sanz, Déléguée générale du Poitiers Film Festival – Noémie Boissay, Co-coordinatrice du Festival Résistances – Félix Chrétien, Directeur artistique du Festival du Film de Cabourg
Modération : Marie Chèvre – Chargée de mission action culturelle et éducative, l’Agence Unique Occitanie Culture
CORINNE JAPIN ET LAURENCE ANGELIS, MÉDIATHÉCAIRES À REIMS
1) La “Séance controverse” est un rendez-vous régulier porté par les médiathèques Jean Falala et Croix-Rouge. Quel était l’enjeu, au départ, de créer ce format et de l’inscrire dans la durée ?
Tout d’abord, c’était une demande de notre direction de créer un rendez-vous cinéma pour les adolescents et les jeunes adultes commun aux deux médiathèques de la ville. Nous avons mis en place ces séances, avec ma collègue , nous partagions le même engouement pour les collections DoAdo noir du Rouergue ou Xprim de Sarbacane, dont les auteurs phares Guillaume Guéraud et Axl Cendres, provoquaient la controverse chez certains adultes, pour leur romans « coup de poing », leurs univers sombres ou déjantés proposés aux ados mais qui leur parlaient directement et que l’on aurait aimé nous découvrir à leur âge.
Nous avions envie de proposer un pendant cinématographique à ces collections car de nombreux films interdits aux moins de 12 ans pourtant adaptés et susceptibles de leur plaire étaient classés en section adulte, ce qui limitait leur accès pour les adolescents. Faire découvrir ces films aux plus de 15 ans dans un cadre approprié et accompagné d’un temps d’échange et d’éducation à l’image était notre objectif.
2) Qu’est-ce que ce rendez-vous permet, selon vous, de travailler spécifiquement avec les publics (scolaires ou adultes) autour des images, du débat et de l’esprit critique ?
La « pédagogie » de notre ciné-club se positionne, hormis la découverte de films et de réalisateurs, sur l’éducation à l’image, sur le fait de questionner la notion d’auteur, ses partis pris, sa construction narrative, le langage cinématographique. L’échange porte aussi bien sûr sur le scénario, surtout que les films choisis viennent parfois chahuter, heurter des idées, des opinions que l’on peut avoir, par des films choisis percutants aux sujets parfois brûlants, forts, sensibles mais qui amènent justement à l’esprit critique. Les films choisis provoquent souvent des débats.
Nous partons du principe que l’on a tous des films qui nous ont profondément marqués et qui ont eu une influence sur l’adulte que l’on est aujourd’hui, soit esthétiquement, soit parce qu’ils ont provoqué un effet miroir, soit parce qu’ils nous ont amené à voir différemment le monde et c’est cette rencontre entre eux et les films que l’on essaie de créer
3) Concernant la séance de décembre à Falala, qu’est-ce qui vous a marquée dans la réception ou les échanges avec les participant.e.s ?
Pour recontextualiser, cette séance scolaire de décembre nous permet grâce au partenariat avec le Blackmaria et la région Grand Est de faire connaitre notre rendez-vous aux adolescents et de leur présenter la programmation 2026, tout en leur faisant découvrir 2 courts métrages soutenus par la région donnant le ton de la saison, en recevant et en proposant un échange avec pour cette fois le réalisateur Archibald Martin de Naissance d’un feu, et l’acteur Alexandre Auvergne de Mukbanger. Personnellement nous avons déjà été ravie que les deux films leur aient plu et qu’ils aient autant de questions à poser à nos invités qui eux en retour ont fait preuve d’une grande générosité, c’était une vraie rencontre dans les deux sens. Même si nous l’espèrons en programmant, nous étions plus que ravie d’observer leur enthousiasme et leur curiosité aussi bien sur la forme que sur le fond et lorsqu’ ils ont applaudi la présentation de la programmation , au delà de la surprise , cela nous a fait forcément plaisir, nous espérons maintenant les voir aux séances !
Et au-delà de l’enthousiasme et de la bienveillance qui se dégageait de cette séance, ce moment n’a fait que nous convaincre qu’il ne fallait pas être trop frileux dans ce qu’on leur propose mais de l’accompagner bien évidemment.
4) Quel est le programme pour cette année 2026 ?
Avec nos quatre intervenants Claude Bégué, Virginie Bénévent, Grégoire Poupet et Alexandre Liébart nous avons choisi : How to have sex , Bullhead , Diamant Brut et les garçons sauvages qui questionnent le rapport aux corps des jeunes personnes, que ce soit dans l’intimité, les limites que l’on s’octroie mais aussi aux violences que l’on peut lui infliger, c’est pourquoi notre cycle se nomme « Hard-corps ».
Vous trouverez le teaser et la programmation détaillée ici sur la page dédie sur le site de la bibliothèque municipale.
Du 3 au 14 février 2026 se tiendra à Reims la nouvelle édition des Mycéliades, festival national de science-fiction dédié aux 15–25 ans. À travers le cinéma, la recherche, l’écriture et le jeu vidéo, le festival explore les liens entre imaginaires contemporains et enjeux scientifiques.
Thème 2026 : les résiliences. Comment les sociétés, les langues, les écosystèmes et les individus se réinventent-ils après l’effondrement ? Comment la fiction permet-elle d’examiner ces scénarios et d’en discuter les fondements scientifiques ?
Plusieurs établissements rémois – la Médiathèque Jean Falala, la Médiathèque Croix-Rouge et l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) – proposent un programme d’événements à destination des élèves et du grand public :
🎬 Projections à la Médiathèque Jean Falala
Les Fils de l’homme de Alfonso Cuarón 3 février – 19h00 Séance ciné-club suivie d’une rencontre avec Claude Bégué.
Le Jour d’après de Roland Emmerich 12 février – 19h00 Projection suivie d’une conférence « Euréka ! » avec Olivier Lejeune, enseignant-chercheur au GEGENAA (URCA), autour des réalités scientifiques du changement climatique.
Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau de Gints Zilbalodis** 14 février – 15h00 Ciné-goûter (à partir de 8 ans).
🗣 Conférence en sciences humaines
« D’un autre œil : Effondrements et renaissances linguistiques » 5 février – 19h00 – Médiathèque Jean Falala
Rencontre avec Monté (chaîne Linguisticae) et Machteld Meulleman, maîtresse de conférences en sciences du langage à l’URCA. La conférence abordera la disparition et la reconstruction des langues dans les contextes d’effondrement ou de recomposition sociale, ainsi que le rôle des langues fictives dans la science-fiction. Échange avec le public à l’issue de la rencontre.
✍️ Atelier d’écriture
Avec Émilie Querbalec 7 février – 14h00 à 17h00 – Médiathèque Jean Falala Sur inscription – À partir de 12 ans
« À la découverte des abîmes » : exploration des grands fonds marins et des futurs océaniques à travers l’écriture de science-fiction. L’atelier sera suivi d’une séance de signatures.
🎮 Ateliers jeux vidéo
Terra Nil 7 février – 15h00 à 17h00 – Médiathèque Jean Falala Jeu de stratégie écologique centré sur la régénération des écosystèmes.
Frostpunk 14 février – 14h00 à 16h00 – Médiathèque Croix-Rouge Expérience collective autour de la gestion d’une cité confrontée à un âge glaciaire. À partir de 16 ans.
Ce programme permet d’aborder les résiliences sous plusieurs angles : climatique, linguistique, écologique, politique et narratif. Les activités peuvent constituer des prolongements pédagogiques en sciences, lettres, sciences humaines ou enseignement artistique.
Après Strasbourg et Nancy, Le Blackmaria a accueilli, cette semaine, le réalisateur Michel Hazanavicius à Reims, dans le cadre du dispositif Lycéens et Apprentis au Cinéma et organisé avec Le Récit et Le Cravlor. Une rencontre exceptionnelle autour de son parcours et de son dernier film « La plus précieuse des marchandises ». Un temps d’échange riche et privilégié entre enseignants et partenaires du réseau.
Le 18 décembre, à l’auditorium de la Médiathèque Jean Falala, deux courts-métrages soutenus par la Région Grand Est ont été projetés à des collégiens, lycéens et jeunes d’Unis-Cité : Naissance d’un feu d’Archibald Martin et Mukbanger de Hugo Becker.
Corps malmenés, images extrêmes, réseaux sociaux, mise en scène de la violence : la discussion s’est prolongée avec le réalisateur Archibald Martin et le comédien Alexandre Auvergne, dans un échange libre et sans tabou.
Le 26 novembre dernier, Le Blackmaria et Saint-Ex – Reims ont co-organisé une journée professionnelle consacrée à un enjeu devenu incontournable : comment apprendre à lire, comprendre et transformer les images à l’heure de l’intelligence artificielle ? Plus de 80 participant·es – enseignant·es, artistes, bibliothécaires, animateur·trices, médiateur·trices culturels – ont répondu présent·es pour une journée riche en apprentissages et échanges.
Une matinée pour comprendre les mutations du paysage médiatique La journée s’est ouverte avec la conférence de Pascal Doucet-Bon (France Télévisions), qui a offert une analyse fine et concrète des transformations de l’information à l’ère de l’IA : nouveaux flux, nouvelles menaces, nouvelles responsabilités. Un moment fort, prolongé par un atelier en plénière autour des mécanismes de désinformation et des outils pour s’en prémunir.
Une après-midi d’ateliers immersifs Répartis en petits groupes, les participant·es ont pu expérimenter, manipuler, tester et questionner les images à travers cinq ateliers complémentaires : Créer un court-métrage avec des IA – avec Benoît LabourdetteDécouvrir Stable Diffusion et explorer l’image comme matière plastique – avec Hugo PetitAnimer un dessin avec l’IA – avec Guillaume LepoixS’initier au fact-checking – avec Les Petits DébrouillardsS’initier à l’IA – avec Anaïs Dubois
Un immense merci à toutes les personnes présentes, aux intervenants pour la générosité de leurs interventions, et à l’équipe de Saint-Ex : merci pour l’accueil, le soutien et l’engagement prodigué.
Dans ton atelier, tu proposes de passer du dessin à l’animation grâce à l’IA. Qu’est-ce que cette technologie change concrètement dans la manière de créer du mouvement et de raconter des images ?
Selon moi, avec cette technique, il n’y a plus qu’une seule entité qui crée mais une deuxième en parallèle qu’est l’IA. Et cette entité, elle va, certes, aider l’artiste pour créer du mouvement et raconter des choses avec ses images, mais elle va aussi apporter son lot d’erreurs, de choses inattendues, de bugs, d’hallucinations, qui sont pour moi d’autant plus d’occasions qui permettent d’aller vers un ailleurs, de prendre une direction qu’on n’avait pas choisie, et ainsi développer une forme d’expérimentation qu’on n’a pas forcément avec les techniques traditionnelles, où on réalise au mieux ce qu’on a en tête. Ce n’est pas forcément le meilleur outil pour atteindre l’objectif précis qu’on s’est donné, mais c’est un bon outil, en tout cas à l’heure qu’il est, pour prendre des chemins de traverse et être surpris par sa propre démarche.
Qu’est-ce que les participant·es ont découvert ou compris qui t’a particulièrement marqué ? Y a-t-il un moment ou une réaction qui illustre bien les enjeux de ta démarche ?
Je pense que ce qui a été le plus intéressant, c’était de voir comment un prompt vague peut donner des choses très inattendues, et comment un prompt très précis peut manipuler l’image dans un degré assez proche de ce qu’on avait envie de voir apparaître. Ce qui a été bien dans cet atelier, c’est que les participants sont pris au jeu de se laisser aller avec la technologie et de comprendre, par les résultats obtenus, un premier aperçu de comment prendre les rênes de quelque chose qui fonctionne différemment de leur main et de leur cerveau. C’est peut-être là la vraie différence entre ce qu’on appelle un « outil numérique » et une » intelligence artificielle », c’est que dans le cas de cette dernière, il y a une forme de volonté, ou du moins d’autonomie, dans le résultat que peut produire cet intermédiaire.
Selon toi, quelle place pourrait, ou devrait, prendre l’IA dans les pratiques artistiques et éducatives dans les années à venir ?
Selon moi, l’IA peut trouver sa place dans les pratiques artistiques à condition de ne pas être envisagée comme un simple outil, mais comme un nouveau champ d’exploration.
Les textes, images ou vidéos générés sont souvent chargés de clichés, de biais, de réponses automatiques et de « déjà-vu ». Pourtant, au milieu de cette jungle de résultats apparaissent de petits chemins, des directions plus subtiles qui permettent de faire surgir des formes que ni la photo, ni le dessin, ni la vidéo ne peuvent produire telles quelles. Comme la photographie en son temps, l’IA bouscule les manières de créer, de penser et de produire des images ou du texte ; il me semble qu’il faut la saisir comme l’occasion d’un renouvellement.
Si l’on devait en proposer une image, je dirais que l’IA ne devrait pas être abordée comme un outil à maîtriser, mais comme un animal sauvage qu’il faut savoir dompter. C’est pour cela que la sensibilisation et l’éducation doivent d’abord se concentrer sur ce qu’est une IA : comment elle est fabriquée et par qui, où elle fonctionne concrètement (sur quels serveurs), quels enjeux écologiques, sociétaux et éthiques elle implique, etc. Ces questions ne peuvent pas être séparées des usages concrets : elles doivent avancer de concert. Une partie de l’éducation doit porter sur l’ensemble de cette réflexion, pour que les jeunes apprennent autant à se servir de l’IA qu’à en comprendre les origines. C’est à cette condition que chacune et chacun pourra exercer son propre discernement et se positionner face à cette technologie.
1) Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ces ateliers de bruitage avec les enfants ?
Ce que j’aime avec la malle bruitage, c’est que c’est une manière très ludique d’initier les petits et les grands au son à l’image au travers du bruitage. Car en réalité, en plus de faire découvrir le rôle de la bruiteuse et du bruiteur sur un film, on peut introduire l’importance du son sur un film, de ce qu’on peut et veut raconter avec, du travail et de la recherche des sons, le tout, en s’amusant en trifouillant tout les objets de la malle !
2) Comment réagissent-ils quand ils découvrent qu’on peut “fabriquer” les sons d’un film ?
Les réactions ne sont pas tant sur le fait que l’on puisse fabriquer les sons à proprement parler mais qu’on puisse les faire avec tout et n’importe quoi et surtout avec des objets qui n’ont rien à voir avec ce que l’on cherche à bruiter. Et ça les surprend toujours de découvrir comment faire le son d’un arbre sans la moindre feuille ou d’un feu sans le moindre risque incendie !
3) Qu’est-ce que ces ateliers leur apprennent sur le cinéma et sur l’écoute ?
On y apprend que le son sur un film n’est pas juste esthétique ou technique mais qu’il est également un vecteur très important de la narration d’un film et sur la crédibilité de l’univers qu’il propose. On peut changer l’ambiance et l’émotion d’une séquence du tout au tout en changeant les sons utilisés. Mais surtout le son d’un film est en réalité un mille-feuille ! Si on prête bien l’oreille, il y a beaucoup de sons différents que l’on ne remarque pas forcément pendant notre visionnage (parfois plusieurs juste pour un seul bruit !) mais qu’ils ont chacun leur importance grâce à leur texture et sonorité unique..