
Héléna Thebaud, enseignante au Lycée Agricole de Saint-Laurent
Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec la réalité augmentée et avec Geoffroy Ferté en particulier ?
Nous recherchions un champ artistique en adéquation avec la capacité 3 du référentiel du bac professionnel de l’enseignement agricole : « Exprimer ses aspirations dans une culture commune ». En éducation socioculturelle, les élèves sont amenés à s’engager dans un processus de création personnel, puis à valoriser cette expérience dans une démarche de diffusion et de médiation. Nous avons découvert le travail de Geoffroy Ferté autour de la réalité augmentée grâce à la structure culturelle Le Blackmaria. Après une rencontre avec l’artiste pour discuter de la faisabilité du projet, nous avons été séduits par ce moyen d’expression très ouvert, qui permet de combiner plusieurs formes artistiques : photographie, dessin, vidéo et son. Cette approche correspond bien à la diversité des pratiques que nous souhaitons proposer aux élèves.
Les élèves de trois classes de terminale ont travaillé autour de la thématique de la nature. Comment l’atelier s’est-il déroulé concrètement et de quelle manière les élèves se sont-ils approprié la réalité augmentée pour parler de ce thème ?
Le projet s’est déroulé en plusieurs étapes. Les élèves ont d’abord choisi un thème personnel, autour de la nature ou de la solidarité, et réfléchi au message qu’ils souhaitaient transmettre. Ils ont ensuite créé une image déclencheuse, qui sert de support à la réalité augmentée, puis imaginé les éléments numériques qui viennent enrichir cette image : photos, dessins, vidéos ou sons. Pour cela, ils ont notamment utilisé des outils en ligne comme Animated Drawings ou Monster Mash afin d’animer leurs dessins et de créer des éléments visuels intégrés ensuite dans l’œuvre grâce à l’application Artivive. Chaque élève a également rédigé un cartel présentant sa création et son intention. Les productions des 42 élèves de terminale ont ensuite été présentées lors d’un vernissage au lycée, avant de circuler dans le cadre d’une exposition itinérante au lycée, à la médiathèque Voyelles et à l’école de Saint-Laurent.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ? Qu’est-ce que cet atelier a apporté aux élèves, à la fois dans leur regard sur les images et dans leur manière de s’exprimer sur la nature ?
Ce projet a permis aux élèves de découvrir une forme d’expression artistique contemporaine et d’expérimenter un outil qu’ils ne connaissaient pas. La réalité augmentée leur a offert la possibilité de dépasser l’image fixe et de réfléchir à la manière dont une image peut être enrichie par du son, du mouvement ou de la narration. Les élèves ont également été amenés à réfléchir au sens de leur image : quel message transmettre, comment interpeller le spectateur et comment utiliser différents médias pour renforcer leur propos. La thématique de la nature a donné lieu à des regards très variés, allant de la sensibilisation à la protection de l’environnement à des visions plus personnelles ou poétiques. Le projet a donc encouragé les élèves à développer leur créativité, leur sens critique et leur capacité à exprimer une idée à travers une production artistique. Enfin, la diffusion des œuvres dans plusieurs lieux du territoire est valorisante pour eux, car ils peuvent voir leur travail présenté à un public plus large.


